Mohamed Bachir AMOKRANE

 

Je remercie la fondation « La médaille du savant algérien » pour leur formidable initiative. Laquelle atteint sa dixième édition. Je salue également le professionnalisme avec lequel cet événement a été géré. En souhaitant une longue vie à ce qui est devenu une tradition, qui regroupe chaque année, des milliers d’algériens. Ce rituel a de quoi encourager la production des savoirs dans notre pays. Il représente la force discrète, qui nous redonne de l’espoir en nos capacités. Lorsque les grands événements économiques et politiques nous restreignent aux divers pessimismes. Cet évènement annuel est le message palpitant, d’une Algérie qui se réveille.       

Au milieu de plus d’un millier de personnes, je me suis surpris à applaudir jusqu’à ce que mes mains deviennent tous rouges. Je pense qu’il en était de même de mon visage que je ne contrôlais plus ; des larmes, des sourires, de l’espoir et de la fierté ! Les frissons de la reconnaissance circulaient librement et fièrement, entre les cœurs et les esprits pour nous susurrer : Oui, l’Algérie a, bel et bien, ses savants ! Un sacrement qui a tout à coup embelli le visage de notre nation. Celui du passé, du présent et du futur. Un futur émergeant d’ores déjà visible et insistant. Triomphant de ses blessures, de son ignorance. Un avenir qui jailli d’entre les morts et les vivants.  Pour nous rappeler qu’un peuple n’a jamais récolté sans avoir semé. Une destinée qui nous somme de nous réveiller. L’éternité qui fraternise avec la vie, et nous rappelle le souffle sacré d’un mot : « Iqraa », « lis », « au nom de celui qui t’a créé ».  

Si la mort pouvait quelque chose à la vie, elle nous aurait empêchés de connaitre nos aïeux. Si la distance pouvait grand-chose à la fraternité, elle nous aurait détourné de nos frères et sœurs. Et si le temps avait le choix, il nous aurait contraints à oublier notre histoire. Ni la mort, ni la distance, ni même le temps ne peuvent quelque chose à une nation. Pourvu qu’elle se redresse et qu’elle revendique son passé et son devenir. Lorsqu’une nation décide de mourir, elle commence par oublier ses penseurs, ses instituteurs, ses écrivains et ses auteurs… Quand une civilisation décide de s’éteindre, elle commence par oublier de lire. Et lorsqu’un peuple décide de renaître, il commence à reconnaître ses savants !